La lingerie sans dessus dessous

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La lingerie féminine n’est plus taboue. Même si les hommes ne sont pas toujours intégrés dans l’achat des dessous de leurs femmes (le veulent-elles vraiment d’ailleurs ?!), ils le sont certainement plus que par le passé. En 2010, les hommes sont responsables pour 6,2% des achats de lingerie de leur femme, même si comparativement 30% des sous-vêtements des hommes sont encore achetés par leur compagne (cf. Institut Français de la Mode). Il faut reconnaître néanmoins que les articles de lingerie pour femme sont légion, et il clair que comparé au choix modeste avec lequel se retrouvent les hommes, c’est-à-dire, humm, slip, caleçon ou boxer, les femmes ont la tâche plus aisée. Cependant la lingerie féminine n’a pas toujours été aussi diversifiée.

Une histoire de dessous avec des hauts et des bas

Au XVIIIème siècle, la lingerie féminine a commencé à se développer avec notamment les corsets (à l’époque, même les enfants en portaient) qui développaient des tailles ainsi très fines. Le XIXème a marqué étonnamment un retour à une forme de pudibonderie et d’austérité avec des superpositions de jupons et des corsets très fermés. Il fallut attendre les années 20 pour que les femmes se réapproprient leur corps et jouent de leur sensualité suite à la première guerre mondiale. Les garçonnes se coupent leurs cheveux, dévoilent leurs jambes et leur épaules, et la lingerie se développe. Le mot soutien-gorge est ainsi apparu en 1923 dans la langue française, pour qu’en 68 les femmes puissent les brûler et affirmer leur liberté sexuelle.

Crédit photo : memoflores

Ces revendications féministes aboutissent à un délaissement de la lingerie pendant quelques années. La pornographie s’empare un moment de ces dessous provocants délaissés un moment par les femmes avant que Chantal Thomass ouvre sa boutique en 1976, réhabilite la lingerie sexy (soutien-gorge, guêpière, bas…) et réaffirme le goût du jeu et de la séduction en déclarant « j’ai joué des dessous comme des dessus en dévoilant et en voilant avec des dentelles et des transparences sensuelles ».

Les matières au service du confort

Le développement de nouvelles matières a eu son importance dans l’évolution des dessous.  La laine, le coton, le caoutchouc et la soie ont peu à peu été remplacés ou combinés à de nouvelles matières comme l’acrylique, le polyester, l’élasthanne et le polyamide qui ne sacrifient pas forcement l’esthétique au confort. Le nylon à aussi changé la donne pour la lingerie féminine, même si il semblerait que le consensus soit établi sur la révolution que le lycra à provoqué. Souple et élastique le lycra rend les matières auxquelles il est mélangé plus résistantes. Le microfibre ensuite acheva de satisfaire les femmes avec son effet seconde peau alliant douceur et confort, et répond aux attentes d’invisibilité des sous-vêtements, qui caractérisent les années 90. Le début des années 90 marqua aussi l’avènement du Wonderbra. Celui-ci décomplexa toutes les femmes aux petites poitrines et fit tourner la tête de ces messieurs avec sa campagne publicitaire de 1994 où Eva Herzigova s’exprimait ainsi : « Regardez-moi dans les yeux… j’ai dit les yeux ».

Une façon courante de résumer les tendances des femmes en ce qui concerne le choix de leur lingerie est la division que Christian Martignier à établi entre celles qui aiment la dentelle, les broderies, privilégiant le côté sexy, et celles qui ne jurent que par l’épuré, tout en discrétion sous le vêtement moulant. Le port apparent du soutien-gorge est par exemple encore un sujet de débat.

Les tendances lingerie automne-hiver de cette fin d’année

Jackie Martinez - Crédit photo : mark sebastian

La tendance 2011/2012 effectue  un retour au styles des années 50 avec des culottes taille haute, des poitrines pointues et de la corseterie comme on a pu le voir au salon de la lingerie en ce début d’année. Les couleurs étaient plus sobres dans de teintes sombres et élégantes. Les mannequins défilant semblent plus représentatives des femmes d’aujourd’hui avec de plus grosses poitrines, même si les tailles restent fines. Pour cette nouvelle année attendez-vous donc au retour des body, bustiers et guêpières avec un idéal féminin très pin-up à forte poitrine, comme l’incarne actuellement Dita Von Teese. Oubliez donc le string et les soutiens-gorge à balconnet, et privilégiez des soutiens-gorge ampliformes ou en triangle. Cette fin d’année, dans la logique du burlesque, les sous-vêtements se font plus couvrants… pour favoriser l’effeuillage. Les matières synthétiques sont aussi délaissées au profit de la dentelle, la soie ou le satin.

Si vous n’êtes pas prête à adopter la mode des années 50, tout n’est pas perdu! La 49ème édition du salon international de la lingerie, qui aura lieu en janvier à Paris, renversera peut être cette tendance.

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Une réponse à La lingerie sans dessus dessous

  1. Nicolas dit :

    Très bon post ! Un comme ça par semaine, et l’audience monte en flèche c’est sûr ;-) )