La Nouvelle-Calédonie : le pays des zoreilles et des kanaks

Le bout du monde, le plus beau caillou du monde, le paradis sur terre ou bien encore la Kanakie, les substantifs ne manquent pas pour qualifier cette petite île du Pacifique, encore territoire français. Kanakie, parce que les Kanaks sont l’ethnie principale de l’île et  représentent presque la moitié de la population. La Nouvelle-Calédonie fait partie de la Mélanésie (région d’Océanie qui comprend le Vanuatu, les îles Salomon, Fidji et la Nouvelle-Guinée). La Nouvelle-Calédonie s’est malheureusement fait connaître en France par la prise d’otage d’Ouvea en 1988 en pleine élection présidentielle. Le film de Mathieu Kassovitz L’Ordre et la Morale est d’ailleurs en préparation sur ces événements et devraient sortir en septembre cette année. Le statut de la Nouvelle-Calédonie est ainsi particulier dans les collectivités d’outre-mer françaises depuis ces événements et les accords de Nouméa de 1998. Cet accord prévoit une indépendance accrue de l’île, et un sondage est prévu entre 2014 et 2018, qui pourrait déboucher sur une indépendance totale de la Nouvelle-Calédonie.

Ile des Pins

 

Récemment une autre crise a secoué la Nouvelle-Calédonie, quand la compagnie aérienne locale Aircal a haussé ses prix, et les tensions ont débouché sur un affrontement de clans. Malgré tout, la Calédonie est la plupart du temps une île tranquille où il fait bon vivre et où le tourisme n’est pas encore extrêmement développé. Avec des plages magnifiques, la brousse, le lac de Yaté ou le mont de Koghis et nombre de paysages à couper le souffle, la Calédonie a tout pour plaire. Petit tour d’horizon.

Le parler calédonien et le langage des sourcils

Les Calédoniens blancs d’origine européenne sont appelés « caldoches », les Français en vacances ou immigrés sont qualifiés de « zoreilles » ou de « métros ». Rassurez-vous, ces expressions calédoniennes sont généralement bien intentionnées, même si elles avaient à l’origine une connotation péjorative. Le Français est très bien parlé mais il contient des tournures spécifiques comme au Québec ou en Belgique. Des expressions comme « casse pas la tête » (pas de problème) ou le plus obscur « tata » qui veut dire au revoir sont quelques classiques, et même certaines expressions françaises tombées en désuétude comme l’adverbe « fin » utilisé a tout bout de champ « fin nul, fin content, fin grand… ».

Si vous dialoguez avec des Kanaks, vous serez peut être confronté à ce que l’on appelle joliment le langage des sourcils. Ils ne répondent pas forcément avec des mots lorsqu’on leur pose une question. Ils répondent à l’affirmative par un haussement de sourcils, ou bien se contentent de bouger les yeux pour vous indiquer une direction. Si vous n’aviez jamais été confronté à ce langage de mimiques, préparez à vivre des dialogues et des scènes d’anthologie !

Nouméa nous voilà

Kiosque de la palce des Cocotiers

Arrivé à l’aéroport de Nouméa La Tontouta au cœur de la brousse, vous n’êtes pas encore tout proche de la capitale et il vous faudra une petite heure en bus ou taxi pour rallier Nouméa. Une fois arrivé à votre hôtel et les valises déposées, nul doute qu’une petite promenade pour vous détendre les jambes après une vingtaine d’heures d’avion sera la bienvenue. Pour les backpackers, notez qu’une seule vraie auberge de jeunesse existe au somment d’une colline qui domine Nouméa. La Nouvelle-Calédonie est aussi un pays très cher à tous les niveaux (hôtels, restaurants, location de voiture..), et si en plus vous comptez faire de la plongée, préparez un budget en conséquence. Le centre ville est relativement sans intérêt mis à part la fameuse place des Cocotiers avec la fontaine Céleste et son kiosque rouge et blanc.

Centre Culturel Tjibaou

Partez ensuite à la Baie des Citrons et poursuivez sur le quartier d’Anse Vata qui vous donnera l’occasion d’admirer le bleu turquoise de la mer. Plus tard dans la soirée vous pourrez revenir pour dîner, c’est le quartier le plus animé de la ville. De nombreux restaurants de fruits de mer sont présents le long de la baie et il existe même un établissement des 3 brasseursqui réjouira les Chtis en mal de bière. Si l’envie vous prend de sortir La Bodega del mar est l’un des bars/clubs les plus populaires de la capitale.

Le centre culturel Tjibaou inauguré en 1998 est un musée sur la culture Kanak, mais aussi une médiathèque et une salle de spectacles. Ne serait-ce que pour la merveille d’architecture réalisée par l’architecte Renzo Piano (qui a aussi réalisé le centre Georges Pompidou à Paris), ce centre culturel vaut le coup d’œil.

Des plages qui mènent à des îles qui mènent à d’autres plages…

A la pointe sud de Nouméa vous pourrez partir soit pour l’île aux canards, l’îlot maître ou le phare Amédée. Le phare fut assemblé en France tout d’abord avant d’être démantelé et amené en pièces détachées jusqu’à l’îlot Amédée pour être reconstruit. C’est le seul phare métallique de « France », et avec ses 56 mètres de hauteur l’un des plus grands au monde.

L’île aux canards est un vrai bonheur pour les amateurs de faune sous marine. Réserve naturelle qui dispose d’un sentier sous-marin, l’île aux canards vous permettra d’admirer poissons-papillons, poissons-perroquets et même poissons-demoiselles.

Ile des Pins

Pour ceux qui veulent vraiment expérimenter les plages les plus paradisiaques, il vous faudra quitter la Grande Terre (la Nouvelle-Calédonie) et pousser jusqu’à l’île des Pins au sud ou les îles Loyautés à l’Est (Lifou, Tiga, Maré et Ouvéa). L’île des Pins est en concurrence avec Ouvéa pour le titre de « la plage la plus proche du paradis ». Cependant si vous n’avez pas le temps de les faire toutes les deux, l’une ou l’autre devrait pleinement vous contenter.

L’île des Pins dispose de la piscine naturelle d’Oro, véritable réserve de poissons multicolores qui vous frôleront de tous les côtés. Prendre un quignon de pain avec vous devrait vous aider à vous faire de nouveaux amis. Des expéditions sont aussi organisées en pirogues traditionnelles et sont une bonne manière de découvrir les diverses baies de l’île comme la baie d’Upi, en partant de la baie Saint Joseph. Sachez que sans voiture, le transport sur l’île est très compliqué.

Atoll de Nokanhui

Une autre expédition qui vous laissera des souvenir impérissables, c’est le voyage en bateau jusqu’à l’îlot brosse avec une pause sur l’atoll de Nokanhui. Cet atoll perdu au milieu du Pacifique est une simple bande de sable fin qui laisse une véritable impression de bout du monde.

Le retour sur Terre

Il y a évidemment bien plus à voir sur la Grande Terre. Ne manquez pas le Cœur de Voh dessiné dans la mangrove (photographié par Yann Arthus-Bertrand dans l’album La Terre vue du Ciel), ou encore la poule tout en roche de Hienghène, qui sont quelques-unes des merveilles naturelles dont la Nouvelle-Calédonie regorge.

Prenez aussi le tempsd e vous arrêter en tribu et de déguster le fameux repas traditionnel, le bougnat (l’accueil en tribu peut être organisé par les offices de tourisme locaux). Vous aurez ainsi l’occasion d’expérimenter l’hospitalité des Kanaks et de pratiquer la coutume avec le chef du village… Les plus braves goûteront au civet de Roussette (chauve-souris) et au Kava, une plante et une coutume originaires du Vanuatu que l’on peut « déguster » dans les Nakamal. Le Nakamal est un endroit « cannabis et alcool interdit » où le calme règne. La plupart du temps il y a une petite lumière rouge qui l’indique. Manuya ! (santé) et bon courage…

 

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2 réponses à La Nouvelle-Calédonie : le pays des zoreilles et des kanaks

  1. AnneSo dit :

    Pour avoir testé le Kava sur Lifou, effectivement bon courage, car comment dire, c’est pas la meilleure boisson que j’ai pu goûter… Heureusement, il faut toujours en recracher un peu pour l’ancêtre. Mais ceci mis à part, c’était un excellent souvenir.
    Merci pour ce beau post, ça m’a rappelé des vacances paradisiaques !

  2. edith dit :

    superbe post…